Interview par le Petit Journal (part-1)

Claude de CrisseyRésident de longue date en Thaïlande, Claude de Crissey assure la fonction de consul honoraire de Phuket depuis trois ans.

Un rôle qu’il trouve intéressant mais délicat sur un bassin de ressortissants très large, d’autant que sur la Perle d’Andaman, les rêveurs imprudents sont nombreux à se fracasser sur les récifs de la désillusion.

En Thaïlande depuis 20 ans, Claude de Crissey a pris ses fonctions de consul honoraire de l’île de Phuket en septembre 2013. Un poste pour lequel il dit s’investir à 100%, assurant entre autres une permanence dans ses bureaux tous les matins ou encore en étant joignable quasiment 24h/24.

Démarche administrative, soutien aux Français en prison ou conseils pratiques pour s’installer dans la péninsule, selon Claude de Crissey le consul honoraire tient un peu du curé, du maire et de la personne de confiance.

Lepetitjournal.com l’a rencontré pour revenir sur son parcours, sa fonction de consul honoraire et définir un portrait de la communauté française à Phuket. Estimée à 1.500/2.000 Français résidents, cette population peut grimper jusqu’à 20.000 par mois en comptant les touristes de passage.

LEPETITJOURNAL.COM : En quoi consiste le rôle de consul honoraire ?

CLAUDE DE CRISSEY : Si on doit définir le rôle de consul honoraire, je pense qu’on peut dire que c’est une personne de confiance, nous sommes les yeux et les oreilles de l’ambassade, mais de façon informelle. Il y a d’une part tout le côté administratif avec la délivrance de documents comme les certificats de vie, de revenus, etc. Et par ailleurs, tout l’aspect plus social : les Français peuvent trouver auprès du consul honoraire une oreille attentive pour comprendre leur problème, les aider, étudier les options possibles, diriger vers d’autres personnes comme un médecin, un avocat, etc. Je dirais que nous avons plus un rôle de conseiller ou d’intervenant que de gendarme ou de redresseur de torts.

En fait, c’est une fonction un peu particulière, car nous ne sommes pas formés à ce rôle, nous ne venons pas de la fonction diplomatique, les consuls honoraires sont souvent des entrepreneurs, des personnes qui vivent ici depuis un moment, qui sont connus de la communauté française, qui ont un réseau ici. Pour résumer, nous sommes un peu le maire, le curé et une personne de confiance, tout à la fois!

Comment êtes-vous arrivé à prendre cette responsabilité de consul honoraire ?

Il y aura cette année 20 ans que j’ai fondé la compagnie CrisseyCo (hôtellerie, plongée, croisières). Je suis un entrepreneur, j’ai ouvert plusieurs business, j’ai réussi avec certains, j’ai bien échoué parfois. Pendant des années, je me suis juste occupé de mes sociétés. Ensuite au hasard des rencontres, j’ai rejoint la police touristique volontaire, une association de volontaires qui a démarré sous l’initiative d’anciens policiers étrangers et qui regroupe des personnes de toutes nationalités pour aider les touristes en difficultés face à la loi thaïlandaise ou confrontée à des arnaques. Le coup de demander à la personne qui vient de louer un jet ski 30.000 ou 40.000 bahts pour une rayure qui existait déjà, c’était courant, aujourd’hui ça va mieux, c’était le genre de situation dans laquelle on pouvait essayer d’aider.

Ensuite, il y a 3-4 ans, la vacance du consul honoraire s’est imposée et l’ambassadeur de l’époque m’a demandé si le poste m’intéressait. Lorsqu’un ambassadeur vous propose le poste de consul honoraire, vous acceptez, c’est un honneur. En plus, à ce moment-là mes différentes affaires étaient sur les rails, j’avais de bonnes personnes autour de moi et je pouvais aussi m’appuyer sur ma femme, ce qui me libérait du temps.